Une constitution bien méritée

15 janvier 2014

C'est officiel: aujourd'hui notre pays a enfin adopté la constitution sur mesure des militaires. Après toutes nos protestations, la fuite de Moubarak en février 2011, et surtout la démission de Morsi le 3 juillet 2013, nous avons obtenu ce que nous voulions. En effet, avec Morsi hors du pouvoir, une constitution favorable aux femmes a été mise en place par les militaires. Enfin l'Egypte avance vers la démocratie.

C'est un jour glorieux pour nous, Egyptiens mais surtout pour nous, femmes. Un sentiment de justice bien mérité règne et nous redonne à tous le sourire. Surtout à ceux et celles qui depuis le début attendent une reconnaissance législative. Nous avons gagné le référendum constitutionnel bien que seulement 38,6% aient voté. (voir article du Monde, ici) Mais le principal est là: notre "Oui pour Sissi" l'a emporté !

Cette nouvelle constitution préconise très clairement  la "stricte égalité entre l'homme et la femme dans tous les domaines : civils, politiques, économiques, sociaux et culturels". Cet article de la constitution représente énormément, pour nous, femmes: nous espérons assister à un changement des comportements sociaux et des mentalités. Notre participation a enfin abouti à quelque chose de concret.




Photo d'une femme égyptienne, le 15 janvier, au Caire



Le journal télévisé france 24  explique les décisions et projets politiques: http://www.france24.com/fr/20140118-nouvelle-constitution-egypte-approuvee-surprise-general-al-sissi/


Cependant, je suis tombe sur un témoignage intéressant qui traduit la pensée de nombreux Egyptiens: 
D'apres Inès Makhlouf, « les militaires n’avaient jamais vraiment quitté le pouvoir. Ils avaient passé un deal avec les Frères musulmans, qui leur permettait de garder le contrôle sur une partie du budget et de l’économie égyptienne. Ce deal aurait pu se poursuivre si les Frères Musulmans n’avaient pas fait en un an autant d’erreurs, ce qui a poussé près de trente millions d’Egyptiens à demander leur départ  L’armée, veut continuer à faire son business et que personne n’interfère. Ni les Frères musulmans, ni les révolutionnaires, ni les États-Unis. Le général Al-Sissi est malin, très malin ! Aujourd’hui il est glorifié, mais demain d’autres voix comme la mienne se feront enfin entendre et on verra que l’on doit continuer cette Révolution. »


Ce genre de témoignage m'amène à penser que la position des militaires semble paradoxale et qu'on ne peut donc pas leur faire entièrement confiance. Rappelons qu'ils s'étaient soi-disant portés garants de la Révolution alors qu'en même temps ils avaient orchestré les nombreux tests de virginité et innombrables agressions...